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53ème Salon de peinture du Léon – Landivisiau – du 6 nov au 12 déc 2021

Venez découvrir deux de mes nouvelles toiles au 53ème Salon de peinture du Léon à Landivisiau (29).

Hôtel de Ville – LANDIVISIAU
Du 6 novembre au 12 décembre 2021
Entrée libre du lundi au vendredi 8h30/12h – 13h30/17h30,
le samedi 9h/12h – 14h/18h et le dimanche 14h/18h
Invitées d’honneur : Lydie ALLAIRE et Marianne LAËS

Les inséparables I et II sont deux huiles et acryliques sur tissu rehaussé de feuilles d’or (80 x 80 cm, 93 x 93 cm avec cadre). Cette série d’art métissé est intitulée Âmes sensibles. Elle s’est nourrie de ma collaboration en tant que graphiste, avec deux sociétés travaillant en Afrique. Installées principalement en Angola, Cameroun, Sénégal et Côte-d’Ivoire, elles m’ont permis, depuis plus de quinze ans, de mieux connaître et d’appréhender l’histoire et la culture africaine.

Le second élément déclencheur de ces peintures sur tissu a été le partenariat du Musée de la Compagnie des Indes de Lorient avec l’Académie des Arts & Sciences de la Mer dont je suis membre. De cette collaboration est né, en septembre 2021, l’ouvrage Carnets de voyage en Mer des Indes paru aux éditions Locus Solus et réunissant les créations de 45 artistes, écrivains et historiens sur le thème de la Compagnie des Indes aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Concepteur graphique du livre, je suis aussi l’un de ses contributeurs avec la création de deux portraits intitulés Florebo quocumque ferar (Je fleurirai partout où je serai portée), devise de la Compagnie des Indes, fondée sous Louis XIV en 1664. Pendant 130 ans, cette compagnie va développer la puissance économique de la France avec l’importation de café, épices, tissus, porcelaines et autres objets d’art. Mais ce négoce cache un pan plus sombre de l’histoire : la traite négrière. S’il convient de nous interroger sur notre passé colonial, nous devons également nous questionner sur les limites de notre humanité. Alors que ce soit les esclaves d’hier ou les migrants d’aujourd’hui, qu’ils traversent les plaines ou les océans, ils doivent être considérés pour ce qu’ils sont, des êtres humains.

Côté technique, le support est un tissu jacquard, un tissage de fils de couleurs entrecroisés formant des dessins en relief. Les glacis d’huile et d’acrylique laissent deviner les motifs du tissu comme autant de scarifications ou de tatouages.

Au-delà de l’aspect figuratif, mon travail se veut la transposition picturale d’un dialogue humaniste entre époques, cultures et personnalités. La série Âmes sensibles affirme avec fierté ma subjectivité sensible, en montrant qu’il est possible de représenter le monde avec dignité plutôt qu’avec pitié. Loin d’être un signe de naïveté, être sensible devient une force. « Plus attentifs, plus empathiques et plus engagés, les grands sensibles sont en résonance avec le monde et c’est bien de cela dont nous avons plus que jamais besoin ! » Saverio Tomasella